Mon ADN

Hôtellerie de luxe et peinture à l’huile

Lorsque je montre quelques toiles, on me pose parfois la question, avec une pointe d'étonnement : "Alors, tu as quitté l'hôtellerie pour devenir peintre ?" La réponse est non — et c'est justement ce que je veux raconter dans cette première Note d'atelier. Il ne s'agit pas d'un virage, ni d'une reconversion. C'est une histoire qui a toujours cohabité, depuis bien plus longtemps qu'on ne l'imagine.

Un fil qui existe depuis toujours

Trente-cinq ans dans l’hôtellerie de luxe, et déjà, à certains moments de ce parcours, la peinture qui reprenait le dessus. J’ai été peintre-décoratrice pendant sept ans, formée au Cours Renaissance à Paris. Ce sont les hôtels eux-mêmes qui m’ont fait travailler : le chantier du George V, le stand de The Leading Hotels of the World, un décor sur toile pour l’hôtel Meurice à l’occasion d’un salon parisien, ou encore plusieurs assemblées générales du groupe des hôtels Concorde. Je suis ensuite revenue en hôtellerie comme directrice adjointe au Lutetia — un poste qui m’a été proposé précisément parce que je conjuguais des compétences commerciales acquises dans l’hôtellerie et des compétences techniques acquises sur les chantiers. Une parenthèse qui n’en était pas vraiment une, puisque j’y suis toujours revenue, sous une forme ou une autre. J’ai ensuite pris la direction générale du Pont Royal, l’aboutissement de tout ce parcours hôtelier.

Un nouveau chapitre

Depuis dix ans, j’ai quitté mes fonctions pour transmettre mon savoir aux étudiants en hôtellerie — une bien jolie façon de terminer une carrière. Ce temps retrouvé m’a aussi permis de renouer pleinement avec la peinture, et c’est ce qui me pousse aujourd’hui à me lancer dans cette nouvelle aventure. Et enfin, il y a eu la rencontre avec Marie Roux et son atelier de peinture — mais ceci fera l’objet d’une Note à part entière.

Ce qui relie les deux métiers

Ce que je retiens de tout ce cheminement, c’est que mes deux passions ont toujours coexisté — elles se sont simplement effacées l’une derrière l’autre, tour à tour, selon les moments de ma vie. Le sens du détail, l’art de recevoir, le regard porté sur un lieu — ses couleurs, sa lumière, ce qu’on y ressent en y entrant. Diriger un hôtel ou peindre une toile, c’est au fond la même exigence : c’est faire vivre une expérience chargée d’émotion.

Aujourd’hui

Les deux activités cohabitent, sous une même entité, sans hiérarchie entre elles. Ce compte Instagram ne raconte pas un abandon de l’hôtellerie — il raconte simplement l’autre moitié de ce que je suis depuis toujours.

Pour mes étudiants

Je dédie cette Note à mes étudiants. Si mon parcours peut leur apprendre une chose, c’est bien celle-ci : une carrière n’a pas besoin d’être une ligne droite pour être réussie. Le principal n’est pas de suivre un chemin tout tracé, mais de réussir à faire, vraiment, ce que l’on veut faire — et de le faire bien. Et c’est peut-être ça, la vraie boucle de cette histoire : pendant des années, j’ai aimé profondément ce métier de l’hôtellerie : j’ai eu la chance d’évoluer dans des établissements magnifiques et chargés d’histoire , de travailler avec des équipes très impliquées pour lesquelles j’ai toujours eu le plus profond respect, de découvrir de nouvelles cultures et de perpétuer l’art du savoir recevoir.Aujourd’hui, je peux continuer cette transmission en école hôtelière, qui me tient tant à cœur — mais le temps retrouvé, ce luxe inouï, me permet enfin de peindre davantage.